“Une vie de chien.” Le livre dont nous allons discuter aujourd’hui nous rappellent à quel point cette expression est justifiée. 15 portraits canins, 15 fins de vie malheureuses. Avec Destins de chiens, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez ne nous ménagent pas… et tant mieux. Voilà ci-dessous 5 raisons de lire un album qui n’est pas comme les autres.

1ère raison : un sujet au poil

Vous avez ou vous allez peut-être adopter l’une de ces chères canailles à quatre pattes.

On a sans doute dû vous le dire, un chien, c’est beaucoup de responsabilités, cela prend un temps considérable… C’est vrai, certes, mais un chien, c’est avant tout un compagnon, parfois même un membre de la famille, qui disparaît bien souvent avant les autres…

Doux affectueux, drôle… chacun a son petit caractère ! Sa vie en est le reflet et laisse immanquablement une trace dans la nôtre.

Voici réunis ici pour vous quinze des plus incroyables destins de chiens, terrifiants, tristes ou cocasses. Tous – parfois leur maître – ont eu une destinée exceptionnelle, ou du moins pas très conventionnelle…

Tels sont les premiers mots qui annoncent sans attendre la couleur des textes qui vont suivre.

Pluto, Milou, Croc-Blanc, Crockdur, Bill, Snoopy, Rantanplan… Les chiens héroïques sont nombreux. Compagnons du quotidien, ils nous suivent dans les meilleurs moments comme dans les pires – et ce sont sur ceux-là en particulier que se concentre ce livre. Du petit garçon à la grand-mère, en passant par la famille ou la jeune fille, tout lecteur s’identifie à un moment ou un autre dans cette histoire.

2e raison : des textes tordants

Dans cet ouvrage, tout est bien qui ne finit… pas bien. Que ce soit Flatule, sujet à des problèmes gastriques, le terrible destin d’une certaine Amélie et sa maîtresse, aux chevelures bien trop longues ou Titus, ce compagnon imaginaire dont on imagine facilement le sort : pas question de s’épancher sur de petites bouilles mignonnes. Ici, l’auteur Sébastien Pérez fait place à l’humour noir, pour notre plus grand plaisir. Aussi surprenante et cocasse que soit la chute de chaque histoire, le résultat n’en est pas moins drôle.

3e raison : des illustrations à double-tranchant

Déjà sombres dans leur intrigue, les histoires de l’auteur s’appuient sur les illustrations inquiétantes de Benjamin Lacombe, fidèle à lui-même. Elles nous plongent dans un univers proche de celui de Tim Burton : des personnages longs et fins (qui nous rappellent un certain Mr Jack), des animaux qui ne respirent pas franchement la joie de vivre, mais dont la frimousse est attendrissante (dans le même esprit que Frankenweenie), le tout exclusivement en noir et blanc, sur fond d’ironie toujours latente… Ajoutez à votre lecture une bande-originale composée par Danny Elfman et vous y serez ! Une fois n’est pas coutume, le duo de ces deux auteurs fonctionne à merveille. Ils avaient par ailleurs réalisé ensemble le très bel album Frida, en 2016. 

4e raison : le format parfait

Ces textes ont finalement une allure de fables. Elles ont le mérite d’être courtes, efficaces et pleines d’humour. En quelques strophes, l’histoire est pliée. Un format adéquat, donc, pour une ou plusieurs lectures avant de se coucher. Chaque récit débute par le portrait de l’animal dont il sera question ensuite. Nul besoin de les parcourir dans l’ordre, ils ne dépendent pas les uns des autres.

5e raison : à nous de jouer 

À nous ensuite de raconter nos propres (més)aventures, l’album nous y encourage. Des pages vides nous sont laissées afin de créer les fiches d’identité – dont le modèle est déjà prêt – de chiens réels ou inventés. Car aussi malheureux qu’ait été le destin de ses pauvres animaux canins, ils ont au moins sur ce papier une pérennité assurée !

Destins de chiens, Sébastien Pérez et Benjamin Lacombe, éditions Margot, 2016.