Parmi toutes les héroïnes que j’ai pu rencontrer en littérature de jeunesse, celle de Lou ! Journal infime, créée par Julien Neel, est celle à qui je me suis le plus attachée. J’avais adoré le personnage et son histoire dès sa publication en 2004, et je me souvenais combien l’univers de l’illustrateur était agréable : édulcoré, pétillant, plein d’humour ; j’ai tout autant apprécié son adaptation cinématographique réalisée par l’auteur lui-même.

Dans la bulle de Lou

L’intrigue est celle du premier tome de la bande dessinée : Lou, jouée par Lola Lasseron, est une jeune adolescente secrètement amoureuse de son voisin Tristan, qu’elle observe par la fenêtre. Elle vit seule avec sa mère, Ludivine Sagnier, au comportement à la fois enfantin, et immature, drôle et touchant. Celle-ci rencontrera son grand amour sur le pas de la porte : un certain Richard, interprété par Kyan Khojandi, qui convient parfaitement à son rôle maladroit et attendrissant. Toutes les deux forment un duo complice et amusant que les lecteurs et spectateurs aiment voir à se chamailler de temps à autre.

Journal infime

Tandis que le dessinateur avait construit un vrai journal intime (il faut voir les doubles pages d’ouverture et clôture du livre, un régal !), le film est tout aussi surprenant à bien des égards. Si l’image virtuelle fait parfois défaut pour retranscrire la richesse de la BD – les collages, les nombreuses saynètes, les dessins de Lou qui enrichissent et diversifient l’ouvrage –Julien Neel est aussi créatif à l’écran. L’univers de Sidera par exemple, protagoniste du roman qu’écrit la mère de notre héroïne, prend une tournure de dessin animé. On se croirait dans le clip de Harder, Better, Faster, Stronger de Daft Punk en version plus moderne… et c’est très agréable ! La bande originale, aux sons à la fois pop et parfois électro, dynamise le rythme et convient tout à fait à la bulle poétique de Lou.

Tout à l’écran

Par ailleurs, j’ai été surprise de voir à quel point l’illustrateur avait su rester fidèle à ses dessins. Le monde de Lou prend vie ! Il est en tout point le même, ce qui est très plaisant pour les lecteurs de la bande dessinée : son appartement sans dessus-dessous semblable à une maison de poupée, sa chambre-cocon rose bonbon, les personnages eux-mêmes (aussi bien l’héroïne qui colle très bien au rôle, et sa meilleure amie, Mina), et même la « malle de la honte », dans laquelle se réfugie le duo de temps à autre, ou encore la « danse de la joie » (que font Lou et sa mère lorsqu’il y a une très bonne nouvelle) que j’avais déjà envie d’apprendre en la découvrant sur papier…

Ma seule déception : Ludivine Sagnier, qui m’a parue peu crédible dans le personnage de la mère paresseuse et puérile. Mais peut-être suis-je restée trop attachée à la bande dessinée.

Je vous laisse découvrir la bande-annonce, qui se trouve être finalement un bon avant-goût du film et de la bande-dessinée.

Le livre : Lou ! Journal infime, tome 1 par Julien Neel, Glénat, 2004

Le film : Lou ! Journal infime par Julien Neel, 2014