Madeline Whittier adore lire. Pour chaque nouveau livre, elle a une habitude, un petit rituel ; sur la page de titre elle écrit les récompenses possibles au cas où elle le perdrait et que quelqu’un le trouverait. Trouver des idées originales et différentes à chaque fois lui prend du temps. En même temps, du temps, elle en a ! Elle est ce qu’on appelle « un enfant-bulle ». Comme elle le dit elle-même « En gros je suis allergique au monde ». Elle ne peut donc pas sortir de chez elle.

Madeline vit avec sa mère dans une maison complètement aseptisée dans laquelle, avant d’entrer, les personnes extérieures doivent passer par un sas de décontamination. Enfin, plutôt LA seule et unique personne autorisée à entrer est Clara, l’infirmière à domicile. Madeline l’adore !

 

Une bulle percée

 

Entre les parties endiablées de Scrabble phonétique (jeu inventé) avec sa mère, les cours d’architecture à distance et les grandes discussions avec Clara, Madeline rêve d’autre chose. Et ça tombe bien, de nouveaux voisins viennent d’arriver ! Le poste de surveillance s’installe donc à la fenêtre de sa chambre. Clara et sa mère ne semble pas partager son enthousiasme. Faut dire que la dernière fois que des voisins ont emménagé, Madeline s’est entichée d’un des enfants de la famille. Pas besoin de vous faire un dessin, elle ne peut pas sortir de chez elle sans risquer sa vie, cet amour est impossible ! Pire que Roméo et Juliette.

Enfin, après avoir promis, juré, craché aux deux paires d’yeux inquiets qu’elle ne retomberait pas amoureuse, Madeline retourne à son observation. Elle prend en note minutieusement l’emploi du temps de chaque membre de la nouvelle famille. Il y a le père, la mère, la petite sœur et le grand frère. Et quelle chance la fenêtre de la chambre de ce dernier, Olly (Oliver), est en face de la sienne. À 18 ans, malade ou pas, qui écoute sa mère ? Elle fait donc fi des avis des deux femmes et entame une discussion par mail avec son voisin.

Je ne vous surprendrai pas si je vous dis que forcement ils vont tomber amoureux l’un de l’autre. Mais si cela est attendu, leur relation, leur humour (noir), leur aventure, leurs stratagèmes, leurs risques démesurés vont vous tenir en haleine pendant les 358 pages du roman !

 

Ne jamais s’avouer vaincu

 

« Le plus grand risque dans la vie, c’est de ne pas en prendre », cette citation sur la couverture du livre, résume parfaitement le sentiment ressenti à la lecture. C’est une belle dose de courage, de recul sur soi-même. Dans la vie rien n’est impossible quand on peut sortir de chez soi, il suffit de le vouloir.

 

Everything, Everything de Nicola Yoon, Bayard Édition

Dès 14 ans

16,90 €