À ma grande surprise, le livre dont je vais parler maintenant n’a pas été traduit en français (et j’hésiterais presque à le faire moi-même tant je trouve cela dommage). Néanmoins, je conseille très chaleureusement sa lecture, d’autant que le niveau de langue y est tout à fait accessible pour un(e) adolescent(e) qui aime l’anglais et qui veut progresser.

Lucas. Ce prénom a revêtu un tout nouvel éclat depuis mes nombreuses lectures de ce roman. Il constitue une des grandes expériences littéraires de ma jeunesse, un aperçu du pouvoir des mots et des histoires.

Une rencontre

Cait et son père mènent une existence tranquille et un peu ennuyeuse sur une petite île de la côte britannique. Les jeunes de son âge l’exaspèrent et elle passe le plus clair de son temps toute seule. Un après-midi de juillet, ils se mettent en route pour la gare où le frère de Cait, Dominic, est rentré de l’université. Sur le chemin du retour, Cait aperçoit un jeune homme habillé en vert militaire, ses cheveux blonds en broussaille, qui marche sur le bord de la route. Première vision, première intuition.

Ce n’est pas tant son allure qui capte leur attention (sa beauté nous sera décrite plus tard), mais sa présence. Bien que Cait et sa famille soient en retrait dans la voiture en mouvement, Lucas semble entrer dans leur vie, et tout particulièrement celle de Cait, comme une évidence, quelque chose d’attendu et peut-être même espéré. Il est évident qu’il ne vient pas d’ici, qu’il ne ressemble en rien aux jeunes gens de l’île et pourtant, c’est comme s’il appartenait à cet endroit à cet instant… qui malheureusement passe trop vite.

Le mystère autour de Lucas – ce n’est pas un hasard si le titre choisi est son prénom, on ne sait jamais grand chose de plus – se maintient au-delà de leur première rencontre et nourrit le reste de l’intrigue. C’est un des personnages masculins rencontrés qui m’a le plus séduite par sa simplicité et sa sagesse. Lucas n’est pas le jeune homme dont toutes les filles rêvent : il est lui-même, tout simplement, et cette honnêteté est rafraîchissante.

Lucas, de Kevin Brooks, est paru en 2003 aux éditions Chicken House.

Ariane.