Ce roman n’a pas laissé l’équipe de Lisons jeunesse indifférente ! La preuve, Kummba l’avait déjà chroniqué ici mais je n’ai pas pu résister à l’envie de vous en parler aussi.

A. C’est la première lettre de l’alphabet, c’est un symbole qui permet d’écrire des mots. Mais dans le cas de notre personnage, c’est tout simplement son prénom.

«Je me réveille.

Aussitôt, je dois déterminer qui je suis. Et il n’est pas seulement question de mon corps – ouvrir les yeux et découvrir si la peau de mon bras est claire ou foncée, si mes cheveux sont longs ou courts, si je suis gros ou maigre, garçon ou fille, couvert de cicatrices ou lisse comme un bébé. S’adapter au physique, c’est finalement ce qu’il y a de plus facile quand on se réveille chaque matin dans un corps différent. Non, le véritable défi, c’est d’appréhender la vie, le contexte de ce corps.

Chaque jour, je suis quelqu’un d’autre. Je suis moi-même – je sais que je suis moi-même -, mais je suis un autre.

Et c’est comme ça depuis toujours.»

Cela fait 16 ans que A. se réveille chaque matin dans la chambre d’un(e) inconnu(e), qu’il doit avoir accès à sa mémoire pour définir ce qu’il peut ou ne peut pas faire, ce qu’il peut ou ne peut pas dire. Bref, il doit se fondre et ne faire qu’un avec la personne pour perturber le moins possible son quotidien. A. est devenu expert en la matière jusqu’au jour où, dans le corps d’un ado prénommé Justin, il rencontre Rhiannon, sa petite copine.

Jetant tous ses principes à la poubelle pour emmener Rhiannon à la plage le temps d’une journée (chose que Justin n’aurait jamais fait), A. fait l’expérience de l’infini, celui qui s’ouvre à vous lorsque vous tombez amoureux.

Peu à peu, A. se laisse aller aux confidences et Rhiannon devient l’épicentre de sa vie. Son apparence physique, condition changeante dont il avait l’habitude, devient alors un défi de chaque jour. Comment Rhiannon réagira-t-elle aux différentes enveloppes corporelles que revêtira A. ? Un jour une fille, l’autre un garçon, un jour c’est un junkie, l’autre un obèse, une dépressive, un premier de la classe, une fille qui veut être un garçon… Pourra-t-elle retrouver A. au milieu de cette ribambelle d’inconnu(e)s ?

Si Rhiannon accepte non sans quelques difficultés la condition de A., certains de ses hôtes sont particulièrement affectés par son passage dans leur corps. C’est le cas de Nathan, un jeune homme rangé que A. a quelque peu malmené pour passer une soirée avec Rhiannon. Celui-ci cherche à se mettre en contact avec A. et demande des explications. Mais A. trouvera davantage de réponses grâce à Nathan.

Que faudra-t-il sacrifier pour être heureux ?

En passant par un large spectre de corps et de personnes, l’auteur peut partager sa part de sagesse quant à une multitude de problématiques humaines.

Chaudement recommandé par une vendeuse chez Gibert, ce livre m’a surprise par sa liberté d’expression. Pour une fois qu’un livre pour ado ne mâche pas ses mots, on en raffole !

A comme aujourd’hui de David Levithan, traduit de l’anglais par Simon Baril, aux éditions des Grandes Personnes, réédité en janvier 2016.

Ariane.