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Collectif 6 min

Le lundi, ce n'est pas ramolli

Les derniers temps n’étant pas franchement propices à la motivation, nous avons eu envie de vous donner un coup de pouce avec cette sélection de livres, pleine d’énergie et de réconfort. Mo-ti-vé.e.s !

Le conte chaud et doux des chaudoudoux

Le conte chaud et doux des chaudoudoux

Il était une fois, il y a bien longtemps, un pays où tout le monde était généreux, donc heureux. Jusqu’au jour où une méchante sorcière sema la discorde, incitant les gens à se replier sur eux-mêmes… Le seul espoir vient d’une femme inconnue aux formes généreuses, qui ne craint pas de distribuer ses chaudoudoux. Suffira-t-elle à montrer le bon exemple aux enfants ?

En quête d’un livre douillet pour affronter le lundi, je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce classique de la littérature enfantine ! Malgré son aspect simpliste de prime abord, l’album du psychologue Claude Steiner fascine les lecteurs depuis 50 ans. Pourquoi un tel succès ?

Peut-être justement pour son message clair et chaleureux, qui va droit au cœur des enfants. La portée moralisatrice du conte est contrebalancée par une histoire tendre et un vocabulaire accessible, qui l’enrobent comme un bonbon acidulé. Parce que, parfois, il faut dire les choses comme elles sont.

Et les illustrations y sont pour beaucoup, grâce au talent de PEF qui n’a jamais cessé d’être un enfant. Ses traits arrondis tout en douceur, ses teintes chaudes et rassurantes, captivent l’imagination des petits et des grands.

Alors pour bien commencer la semaine, plongez la main dans votre bibliothèque et retirez-en un livre chaud et doux qui fait du bien !

Claude Steiner, Le conte chaud et doux des chaudoudoux (illustré par PEF), InterEditions, 2018. 15€.

Stéphanie

D’ici, je vois la mer

Un jeune garçon raconte son quotidien : fils de mineur, dans une ville des années 1950 où tout mène à la mine, ses journées sont rythmées par la mer non loin. Entre quelques jeux, les tâches ménagères pour aider sa maman, ses pensées sans cesse ramenées à son papa qui creuse sous la terre, le regard du garçon revient toujours à la mer calme et rassurante.

Pour contrer l’effet grisaille, on peut comme le narrateur aborder avec entrain et sérénité le travail et les moments sombres. Voilà un album qui donne du courage et envie de mettre du cœur à l’ouvrage !

Le matin, le père part à la mine, pour revenir le soir noirci et fatigué. Son fils l’imagine toute la journée, creusant dans les profondeurs. Et cet enfant anonyme qui se sait appelé à un dur avenir et dont toute la journée est cadencée par ce travail dangereux et harassant parvient à rester paisible et plein d’entrain, puisant dans les reflets sur les flots de quoi éclairer ses journées.

L’omniprésence de la mer et de la lumière créent toute une ambiance, portée par les illustrations (notamment une dizaine de double-pages consacrées à la mer) qui restituent le changement d’éclairage, les transformations de la journée pour en faire un déroulement tranquille. Malgré la nécessité de côtoyer les profondeurs, ce livre suggère tout un chemin pour aborder la journée en souriant calmement.

D’ici, je vois la mer, Joanne Schwartz et Syndey Smith (traduction Michèle Moreau), Didier jeunesse, 2019. 16€.

Bérengère

Revenir d’un week-end qui change la vie

Aujourd’hui, on embarque pour l’Europe du Nord !

Un jeune garçon, Gottfrid, d’un côté, de l’autre son grand-père en maison de retraite médicalisée dont le sale caractère semble empirer de semaine en semaine. Et il ne faut pas s’y tromper : même si l’enfant est discret, observateur et doux, il voue une affection sans borne pour son aïeul.

Mais que faire pour aider son grand-père malheureux comme un lion en cage ? Celui-ci râle et rouspète mais sous ces airs d’imposant ours bougon, Gottfrid sait qu’il y a un tendre au grand cœur.

Ni une ni deux, Gottfrid élabore avec la complicité d’un ami (majeur, qui plus est, ça ne peut qu’aider !) un plan d’évasion de la maison de retraite. Voilà l’idée : faire croire à ses parents qu’il se rend à un camp de football durant le week-end, se rendre à la maison de retraite avec son ami qui se fait passer pour son cousin venant récupérer son grand-père chez lui le temps d’un week-end, et filer ensuite en voiture jusqu’au port. De là, les compères prendront le premier bateau direction la petite île où vivait le vieil homme, avant.

Avec les dessins superbes de Kitty Crowther et dont les crayons de couleur rehaussent avec brio les émotions, cette aventure rocambolesque pleine de courage et d’amour nous invite dans une famille hors-norme. Les relations intergénérationnelles y sont émouvantes sans mièvrerie, et ça fait sourire les plus moroses.

Le passage dans la maison du grand-père, abandonnée depuis le décès de son épouse et son départ, nous amuse autant qu’il nous touche par l’émotion de cet homme retrouvant le décor d’une vie qu’il a tant aimée. Le lendemain, c’est finalement un homme apaisé et au sourire retrouvé qui retourne dans sa maison de retraite, un pot de confiture que confectionnait son aimée sous le bras.

La Cavale, Ulf Stark et Kitty Crowther, L’École des loisirs, 2019. 14,50 €

Chloé

La joie des après-midi sans fin

Et si on se motivait… à ne rien faire ? S’ennuyer, se couler dans un canapé et peut-être, bouquiner ? D’accord, mais faisons-les avec Gaël Faye et son tendre album L’ennui des après-midi sans fin, illustré tout en douceur par Hippolyte.

L’école terminée dès la fin de matinée, le jeune Gaël a tout l’après-midi devant lui et peu de sources de distraction à sa disposition. Son plus précieux atout devient son imagination, ce qu’il nous montre dans ce livre qui revient sur son enfance. Nous sommes ainsi plongé.e.s dans des ambiances chaleureuses, oniriques, calmes, celles qu’il a connues au Burundi.

Le jeune Gaël cherche des occupations, et contemple peut-être malgré lui ces sensations simples, ces détails du quotidien que l’on savoure particulièrement une fois que le rythme ralentit. Le genre de moment que l’on apprécie en vacances, vous voyez ? Les rideaux qui volent dans les rayons de soleil, les oiseaux qui chantent – ici un « kazaku », perroquet gris –, les siestes les pieds dans l’herbe, la dégustation d’une mangue… Les auteurs nous emportent dans de chaudes journées, dans lesquelles on se laisse porter volontiers.

Bien sûr, le musicien et poète Gaël Faye, nous berce d’un récit particulièrement sensible. Le texte ayant été repris d’une chanson parue dans son album Pili, Pili, sur un croissant au beurre, en 2013, apparaît ici sous forme de vers, courts et mélodieux…

« À l’heure de la sieste, j’apprivoise le silence
Petit Prince d’ennui modeste entre mouton et somnolence
Dans la vieille maison de briques, de la Belgique sous les tropiques
À l’heure des choses statiques j’invente, je me fabrique »

La chanson du même titre figure en complément du livre, disponible sur un CD, ce qui nous laisse le choix de le découvrir en musique, en images, ou les deux à la fois. Illustré par des gros plans aux couleurs diluées, ce livre lumineux nous invite à contempler à notre tour ces beaux après-midi au temps étiré. L’énergie n’est pas difficile à trouver, il suffit de presque rien et de regarder ce qui s’agite autour de soi ! On se motive avec ce joli morceau, disponible ici, et on se procure ce livre sans plus attendre.

L’ennui des après-midi sans fin, Gaël Faye et Hippolyte, éditions Les Arènes, 2020. 19,90€.

Manon

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