L

Ariane Baste Morand 2 min

Le monde de Chbosky

The Perks of Being a Wallflower est un roman épistolaire à sens unique.

Les lettres racontent la première année de lycée de Charlie : ses premières amitiés sincères, son premier amour, ses lectures, ses découvertes. Dès le début,  on voit que Charlie n’est pas comme les autres. Il pleure dès qu’il est envahi par une émotion et il ne peut s’empêcher d’être honnête, même lorsque cela est dérangeant. Avant Patrick et Sam, la seule amie qu’il ait  vraiment eu est sa tante Helen, morte dans un accident de voiture lorsqu’il était plus jeune.

Depuis sa mort, Charlie a des jours heureux, et des jours malheureux mais toujours une ombre le menace, tapie dans les recoins de ses souvenirs.

Ces lettres sont destinées à un « ami », quelqu’un dont on ignore l’identité mais qu’il a trouvé justement assez neutre pour raconter son histoire. Le lecteur devient alors cette personne neutre et sans jugement en qui Charlie a confiance. L’affinité avec le personnage n’en est que plus forte.

Le texte oscille entre une légèreté juvénile qui décrit les journées à l’école, les soirées entre copains des années 90, où on avale une pilule sans vraiment demander ce que c’est, et puis du très lourd, qu’un jeune de 15 ans n’est pas censé porter en lui. Même ses amis ont des histoires caractérisées par la souffrance : ils ont du mal à faire confiance aux autres et à avoir confiance en eux-mêmes. Malgré tout, ils accueillent ce jeune homme les bras ouvert, plein de questions en bouche et d’entrain dans la voix.

On part à la rencontre de ces personnages avec plaisir, on vit la brutalité des expériences de cette jeunesse et la lutte de Charlie pour être heureux. Une fois le livre refermé, il reste un goût troublant d’espoir.

Je conseille ce livre à des adolescents déjà âgés, assez développés en tant que personne pour être capable d’« encaisser » ce roman époustouflant de violence et de douceur en même temps.

L’adaptation cinématographique a été réalisée par l’auteur lui-même, et bien que le scénario se soit éloigné de la forme épistolaire du roman pour être adapté à l’écran, l’ambiance y est retranscrite avec doigté.

The Perks of Being a Wallflower, écrit par Stephen Chbosky et édité aux éditions Pocket Books en 1999. La traduction française par Blandine Longre, Pas raccord (mais plus connu maintenant sous le nom de Le monde de Charlie après sa réédition) est parue aux éditions Sarbacane dans la collection Exprim’ en 2008.

Ariane

Avis de lecteurs

  • Lorsque les fées grandissent | Lisons jeunesse !

    […] roman est dans la même lignée que Le monde de Charlie de Stephen Chbosky , qu’elle qualifie d’ailleurs d’« ami cher » et de « mentor » dans ses […]

Rédiger un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *