Manon 4 min

« Mollo mollo le matin et pas trop vite l’après-midi », le roman estival de Gaia Guasti

« Le grand-père de Prune n’est pas un méchant bougre, ça non. Mais il a eu trois mauvaises idées dans la vie.

A. Il est parti à la retraite.

B. Il est retourné vivre dans son village natal, un tas de maisons en pierre au milieu de rien : Mollo-en-Borgne.

C. Il est devenu sourd comme un pot.

Résultat A + B + C = les vacances à Mollo, c’est du lourd. »

« Les vacances à Mollo, c’est du lourd »

En effet, lorsque Prune apprend qu’elle passera l’été chez son grand-père Gaston, à Mollo-en-Borgne, elle n’est pas de toute joie. Non seulement dans ce village, il n’y a « que des vieux » mais surtout, elle sera loin des beaux yeux verts d’Augustin, le garçon de sa classe qu’elle aime bien. Pour cette raison, elle décide qu’ils s’écriraient durant les vacances. En classe, Augustin acquiesce sa proposition qu’elle glisse dans un petit mot, par son regard charmeur.

Or, dans ce roman, loin est la rapidité des SMS que nous avons tous l’habitude d’envoyer au quotidien. En effet, dans ce village, les habitants n’ont pas de boite aux lettres. Le facteur les dépose directement sur le palier de la porte. Pour cette raison, s’échanger des messages n’est pas aussi aisé que ce que Prune avait prévu. Le jour où la lettre d’Augustin arrive enfin, le facteur la dépose chez Hippolyte, un habitant du village, pour éviter qu’elle ne s’envole avec le grand mistral qui souffle sur Mollo. La réception d’une simple lettre allait s’avérer être une véritable course-poursuite.

Comme une lettre à la poste

Hippolyte craignant de s’assoupir et de laisser la lettre s’envoler, l’a portée à Madame Lulotte qui a eu l’idée de la transmettre à Félicien Castagne, afin que Prune puisse l’avoir directement en arrivant au village. Après avoir couru à travers tout le village pour finalement récupérer sa lettre qu’il lui faut arracher des mains de Madame Castagne, qui ne la reconnaît définitivement pas – « Ah ! La petite Josette est revenue ! » –, Prune découvre enfin la réponse d’Augustin. Or, sa lettre est loin d’être ce que la petite fille avait imaginé. Augustin lui a écrit pour lui dire qu’il n’a en réalité pas grand chose à lui raconter, et qu’en revanche il s’amuse beaucoup avec une certaine Jenifer avec qui il joue à la Wii. Déçue et triste, Prune s’enferme dans sa chambre et ne veut plus en sortir.

Mais grâce aux tendres attentions des habitants, Prune parvient à oublier Augustin. Un jour où elle accepte enfin de sortir, « les vieux de Mollo » lui ont préparé une petite fête dans l’espoir de lui remonter le moral. Félicien joue de l’accordéon, sa femme l’accompagne en chantonnant, Madame Lulotte a confectionné une tarte (elle a confondu les épluchures avec les fruits certes, mais c’est une tarte quand même !), tandis qu’Hippolyte lui propose de danser. Oui, Prune avait beau maudire les habitants de Mollo à son arrivée, elle réalise pourtant à quel point ils sont bons et touchants.

Un roman où il fait bon vivre

Dans ce roman, les personnages ne sont pas modernes, ce sont des petits vieux. On ne s’écrit pas des SMS mais des lettres. On n’écoute pas d’électro mais on danse au rythme de l’accordéon. Ce décor qui semble en contretemps avec un autre, plus actuel et plus urbain, est un décor de vacances agréable, qui change de ce que l’on a l’habitude de rencontrer dans nos lectures. Gaia Guasti, qui se plaît à évoquer les personnes âgées dans ces livres, nous emmène en voyage dans une ville du Sud où il fait bon vivre.

Les personnages, attendrissants, nous font souvent sourire et rire à la lecture de leur paroles : Madame Castagne qui s’obstine à appeler Prune, Josette car « hou hou, mais c’est un fruit la prune, pas un prénom ! », les yeux de Madame Lulotte qui, « lorsqu’elle soulève ses grosses lunettes sombres, on voit ses pupilles qui jouent au flipper dans les orbites. » Ou encore son grand-père qui, parce qu’il est à moitié sourd « crie sa joie très fort » chaque fois qu’il retrouve sa petite-fille.

Dans un format réduit, les éditions Thierry Magnier ont réalisé une nouvelle édition de la collection Petite Poche, qu’il est agréable d’emmener avec soi et de parcourir. Une jolie façon de commencer l’été !

Mollo mollo le matin et pas trop vite l’après-midi, Gaia Guasti, éditions Thierry Magnier, réédition juin 2015.

Prix : 3, 90€

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