On ne présente plus Tomi Ungerer. En hommage au dessinateur mort le 9 février, retour sur Émile, l’histoire d’un très gentil poulpe.

Téméraire à tentacules

Un jour que le capitaine Samofar, scaphandrier de son état, se fait attaquer par un requin, un poulpe s’interpose et lui sauve la vie. C’est ainsi que l’on rencontre Émile, qui signe un premier acte de bravoure au contact des humains.

On quitte dès lors les pages vert-d’eau pour suivre le courageux mollusque à la surface, puis sur terre. Le rescapé reconnaissant invite en effet son sauveur à vivre parmi les hommes où il se fait chaleureusement adopter.

Émile aux mille talents

Il faut dire que le poulpe sait mettre ses huit bras et sa gentillesse au service des autres. Aussi utile à la mer qu’à la ville, il devient surveillant de plage, sauveteur en mer, multi-musicien et même imitateur, mettant à profit sa souplesse de mollusque pour prendre toutes sortes de formes pour le plus grand plaisir des grands et des petits.

Ses aventures sur terre culminent avec l’arrestation de méchants contrebandiers : accompagnant son ami Samofar pour contrôler un bateau louche, Émile découvre sous l’eau un chargement caché. Après une brève bataille dont il ressort victorieux en sauvant ses amis, il reçoit les honneurs humains.

Mais c’est aussi la goutte de trop pour l’animal marin, qui rêve de tranquillité et a le mal de la mer.

Vivent les animaux

Cette petite histoire qui suit le bref temps hors de l’eau d’un mollusque serviable s’inscrit dans la lignée des livres consacrés à réhabiliter quelques animaux mal-aimés. Dans les années soixante, Tomi Ungerer a en effet signé des albums semblables, au trait charmant et désuet sur un boa constrictor (Critor), une chauve-souris (Rufus), un vautour (Orlando) et un kangourou (Adélaïde). Chacun dément la réputation parfois attachée à son espèce, les créatures au prénom décalé incarnant le bien, la gentillesse et se montrant pleins de ce qu’on appelle humanité.

Émile, animal chaleureux qui se niche au creux des vagues fait partie de ces personnages qui ne s’oublient pas. Comme celui à qui on doit ces pages.

Émile, album de L’école des loisirs paru pour la première fois en 1978.

13,20 €.