Rien de mieux qu’un long week-end d’automne pour une promenade en forêt. Celle de Fanny Ducassé est emplie de fleurs et se trouve dans Rosalie et le langage des plantes (et bien d’autres de ses ouvrages, bien sûr). Un album paru en 2018 aux éditions Thierry Magnier, que je me suis enfin décidée à acheter. Suivez le guide !

Une balade qui commence bien

Dans un intérieur douillet – comme souvent chez Fanny Ducassé – Rosalie observe la pluie tomber, au milieu de plantes qui tentent de survivre comme elles le peuvent, car la jeune femme n’a pas la main verte. C’est bien simple, elles ne parlent pas la même langue. C’est pour cette raison qu’un jour de vide-grenier, Rosalie est particulièrement intriguée. Elle y déniche un livre curieux, aux signes indéchiffrables, parsemé de fleurs séchées qui semblent dialoguer entre elles. Très intéressée par ce mystérieux objet, la jeune femme s’empresse de rentrer chez elle. Elle doit absolument décrypter ce langage et découvrir le secret de ces plantes.

La nuit est tombée. Rosalie tente toujours de communiquer avec elles, mais rien n’y fait. Son appel est vain. Elle décide de mener son enquête et s’introduit à dos de lion, comme dans un rêve, dans une forêt attrayante…

Une lecture confortable

Dans les livres de Fanny Ducassé, on se sent bien. Que ce soit à l’intérieur d’un appartement aux murs et tapis fleuris, en compagnie d’un thé au jasmin et d’un chat qui se prélasse sur le canapé ; ou bien à l’extérieur, dans de jolis sous-bois où Rosalie est accueillie et bercée par la nature.

Nous nous baladons d’un milieu à un autre très simplement car le motif floral est présent tout au long de l’album, sans rupture. Le lecteur passe logiquement d’un intérieur vintage aux grosses fleurs, à un extérieur plus raffiné ; le tout est uni par une palette de couleurs aux tons vert, violet, et rose, et comme toujours chez l’illustratrice, fourmille de détails.

Rosalie

Sous ses airs sérieux et ses traits fins, vêtue de son « déshabillé de soi et mules nacrées », Rosalie paraît d’abord étonnante. Elle alterne entre le calme et le loufoque. D’un côté, elle s’échine à communiquer avec le monde extérieur, d’un autre, elle téléphone à l’aide d’une tranche de pastèque ou d’un fax. Tantôt elle s’attable humblement pour petit-déjeuner, tantôt elle fait voler ses tranches de pain au plafond. Rosalie surprend autant qu’elle nous amuse.

« Aujourd’hui c’est dimanche , le ciel est myosotis, la pluie n’est pas envisagée. Nous sommes le vingt-quatre juin, il est dix heures quarante-trois et vingt-deux secondes, et le grille-pain est foutu. » 

Une héroïne qui porte bien son nom. Ce n’est pas pour rien si elle porte du “vert tilleul” sur les joues, du “cassis” sur les paupières et des cerises dans les cheveux. Une ros(ali)e parmi les fleurs, parmi lesquelles elle tente péniblement de s’intégrer. Elle voudrait faire partie de cette forêt grâce à un apparat de feuilles et de brindilles, mais rien n’y fait, elle ne parvient qu’à l”abîmer. Du moins, au début…

Un livre qui fait du bien

Avec cet album, l’autrice nous entraîne dans une délicieuse promenade. Comme souvent dans ses albums, la nature y est chaleureuse et accueillante.

« On dirait que la forêt respire… Rosalie retient son souffle. Dans ce bois, elle se sent comme à l’intérieur d’elle-même, reliée à la terre par des racines invisibles, et pourtant étrangère, presque intruse. » 

Dans des pages envahie de végétaux et de couleurs, elle nous invite avec une grande finesse à observer la nature, à l’écouter, la respecter. Une façon belle et délicate d’inciter les enfants à protéger l’environnement.

Pour un aperçu en vidéo et voir Fanny Ducassé à l’ouvrage, c’est ici.

Rosalie et le langage des plantes, Fanny Ducassé, éditions Thierry Magnier, 2018.

Prix : 16€