J’ai eu l’occasion de découvrir ce roman lors de sa sélection pour les pépites du salon du livre jeunesse de Montreuil 2015 et pour moi, De cape et de mots aurait amplement mérite la pépite du roman 9-12 ans.

 

Intrigues à la cours du roi

À 16 ans, Sérine est très éloignée des filles de bonne famille de son âge. Plutôt que d’apprendre ses leçons de danse et d’étiquette, elle préfère se promener en ville et marcher sur les mains dans les couloirs de la maison. Malheureusement, un drame va venir perturber la vie familiale. La mère de Sérine a un projet bien défini pour sa fille : la marier à un gentilhomme afin qu’elle ne soit plus une charge pour la famille.

Seulement, la jeune fille ne l’entend pas de cette oreille et préfère se rendre à la cours du roi pour devenir demoiselle de compagnie de la reine. Sérine va alors chambouler la vie au château.

 

Des personnages hauts en couleurs

Dès les premières pages, on découvre une jeune fille vive et pleine d’imagination qui fait tout pour prendre sa vie en main dans un royaume aux mœurs moyenâgeuses qui laisse peu de place aux femmes. Son arme : les mots, qu’elle manipule avec beaucoup d’adresse – même si elle ne sait pas lire –, n’hésitant pas à en inventer pour se sortir de mauvaises situations.

« – Majesté, vous êtes plus ravissante qu’un… qu’une esperlune.
S’ensuivit un silence magistral, au cours duquel Serine eut tout loisir de s’étonner de ce mot improbable qu’elle venait d’inventer. »

Son esprit inventif est mis à rude épreuve face à une cours obsédée par les apparences et une reine complètement folle, capricieuse et même comploteuse, qui martyrise ses demoiselles de compagnie et invente des modes ridicules.

« Quand Serine vint faire son rapport, le lendemain matin, la reine était encore à sa toilette. Six demoiselles l’accommodaient. Elles avaient bâti sur le crâne royal une coiffe à la naissance de Vénus.… »

Le roi, le grand ministre et l’apprenti bourreau (qui invente sans cesse de nouvelles méthodes de torture) ne sont pas en reste et apportent aussi à ce drôle de tableau beaucoup d’humour.

 

Une satire de notre société

En prenant le prétexte d’un royaume imaginaire mais à la fois extrêmement réaliste (on a l’impression parfois de lire un roman historique), Flore Vesco dénonce une société où le paraître prime. La malice et l’humour servent à déclarer son amour des mots et des livres qui, dans le monde qu’elle dépeint, disparaissent au profit de divertissements plus futiles.

« Où sont les fables de Larivière ? Et les contes de Merrault ? Et les maximes de Pierrefoucauld ? »

Agréablement effronté, le roman s’adresse aux plus jeunes, mais ne manquera pas de toucher tout amateur de bons mots.

De cape et de mots, Flore Vecso, Didier Jeunesse, 2015.