À l’heure où le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne est officiellement approuvé, voici Brexit Romance, un roman qui nous embarque dans une folle aventure franco-britannique.

Un Brexit romantique

À Londres, au lendemain du referendum sur le Brexit, la jeune Justine et son frère jumeau, Matt, ont l’idée farfelue d’organiser des mariages blancs entre Britanniques rêvant d’Europe et Européens aux ambitions anglaises. Les deux jeunes gens prennent très au sérieux la start-up Brexit Romance et réunissent autour de cette idée une ribambelle de personnages.
Il y a d’abord Cannelle, jeune française farouchement opposée au Brexit qui compte sur son mariage avec Matt pour faire un pied de nez au « No » britannique. Puis, Marguerite Fiorel, soliste française de 17 ans et Pierre Kamenev, son jeune professeur de chant, communiste et un peu vieille France. Il y aussi Niahm, une Irlandaise haute en couleurs. Et Cosmo artistocrate britannique. Et d’autres encore.
Tous, ou presque, ont la volonté de contracter un mariage blanc, pour une raison ou pour une autre et vont se retrouver au cœur de cette romance en quatre actes.

 

Do you speak franglish?

La touche d’humour du roman vient principalement des jeux de mots avec la langue. Clémentine Beauvais, en véritable Franglaise, jongle à merveille entre l’anglais et le français. Les expressions traduites littéralement créent des quiproquos qui ne manqueront pas de faire rire le lecteur.

« We’ve got to take the tube, I’m afraid ». Ah, ok ! c’est juste qu’on va devoir prendre le métro, traduisit Marguerite, ‘et elle a peur. – Elle a peur ? répéta Kamenev. ‘Bah ouais, avec les terroristes et tout’, hypothétisa Marguerite. »

Par ailleurs, opéra, Jane Austen, Alice aux pays des merveilles, tout ce beau monde se côtoie sous de multiples et divers clins d’œil. De douces références à la culture européenne qui font écho au message du roman.

 

Petit bémol

J’ai longtemps hésité à chroniquer ce roman, car je suis rarement aussi partagée sur un livre.

Brexit Romance aborde de multiples sujets à travers des discussions et des débats menés par les protagonistes. Ceux-ci discutent autour du racisme, de la politique, du féminisme et de bien d’autres thèmes encore. On sent chez les personnages, et à travers eux, l’écrivaine, une volonté d’évoquer des débats importants.

Seulement, voilà : c’est un roman où l’on retrouve peu de diversité, ethnique ou sociale, et où l’on trouve des scènes extrêmement stéréotypées, voire totalement caricaturales (voir, la scène du croquet).  Ce qui détonne totalement avec les valeurs prônées par les personnages.

Peut-être était-ce une volonté de l’auteure que de proposer des personnages aux convictions aussi poussée ? Mais la confusion est telle qu’on ne distingue pas toujours l’ironie ou le second degré.

 

Libre au lecteur, donc, de tirer ce qu’il souhaite de ce roman. Pour ma part, je ne garderai que le jeu sur les spécificités culturelles anglaises et françaises.

 

Brexit Romance, Clémentine Beauvais, Sarbacane, juillet 2017.