Cette semaine je vous emmène pour une petite balade plutôt particulière dans les rues de Paris, avec Sam, graffeur à  ses heures perdues, et Lilibelle, une enfant solitaire qui a décidé qu’il serait sa famille.

Sam a un seul objectif dans la vie : terminer une fresque d’animaux de l’arche de Noé qu’il sème un peu partout dans les rues de Paris. Nuit après nuit, c’est sans encombre qu’il réalise sa fresque, jusqu’au jour où il fait la rencontre de Lilibelle.

« – Eh merde. Qu’est-ce que je vais faire de toi, princesse ?

– T’as qu’à m’amener à ta maison. Et puis t’as qu’à m’appeler Bonny, cause que Anne Bonny, c’était une pirate, une vraie, même qu’au foyer, y a un gros livre qui raconte son histoire, et que moi je lui ressemble, cause que je suis une rebelle. Sam haussa les épaules. Il avait déjà compris qu’il s’exécuterait. Échec et mat, il déposait les armes. »

L’alchimie entre les deux est instantanée et la petite fille ne lâche plus le garçon d’une semelle, quitte à le ralentir dans son projet et lui faire prendre le risque d’être arrêté par la police.

Destins croisés

Chacun avec son histoire, ses a priori, ses doutes, dans son intimité,… on découvre plusieurs personnages qui gravitent autour de nos deux héros. Du capitaine chargée de l’affaire des graffs à l’assistant social de Lilibelle en passant par la jeune boulangère amoureuse de Sam, les protagonistes défilent et ne ressemblent pas pour tisser une toile urbaine très réaliste. Même le lecteur est pris au jeu et ses préjugés aussi tombent au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue. Au final, chacun agit différemment de ce que l’on attend de lui. Ce qui donne toute sa force et sa vraisemblance au roman.

Dans les rues de Paris

Panthéon, cimetière Père Lachaise, stations de métro,… l’auteur revisite Paris avec un regard neuf. Au cours de ma lecture, j’ai pu découvrir un collectif qui œuvre dans l’ombre pour restaurer les monuments oubliés de la ville, mais aussi une nouvelle façon de voir les fresques urbaines qui ornent les murs de la capitale.

Au final, c’est un roman urbain tendre et drôle que nous livre Muriel Zurcher.

 

Robin des graffs, Muriel Zurcher, Thierry Magnier, février 2016.