Quand un best-seller de la littérature jeunesse rencontre une figure reconnue du cinéma français, ça donne un film plein d’humour et de tendresse : Jamais contente d’Émilie Deleuze (adapté du premier tome du Journal d’Aurore de Marie Desplechin).

Une ado qui se croit unique…

Aurore n’est pas normale : elle en a la certitude. Elle n’est pas encore tombée amoureuse d’un garçon, ses parents la détestent et elle ne supporte plus sa petite sœur parfaite. Sans oublier le collège, qui n’est définitivement pas fait pour elle ! C’est donc une jeune fille mal dans sa peau que l’on suit au fil des pages, sans tristesse aucune : si Aurore est décalée par rapport aux autres, c’est justement ce recul qui lui permet de nous livrer des réflexions cyniques et percutantes.

« C’est la fête de la Première Guerre mondiale. Un million de morts, un jour de vacances. À sept millions, je me demande si on a la semaine. »

On rit jaune, mais finalement, qui sait vraiment ce qui se passe dans la tête des collégiens ? La vie n’est pas toujours tendre ; pour la croquer à pleines dents, il faut bien mâcher.

… comme tous les ados

À l’instar du livre, le film met en scène une héroïne vive et attachante dans laquelle nous pouvons tous nous reconnaître. Ses problèmes sont les nôtres, ses victoires aussi : la découverte de l’amour, de Francis Ponge, du monde adulte… C’est probablement là le thème principal de l’histoire, en filigrane : une jeune fille qui grandit, en restant elle-même et en changeant à la fois, tout simplement.

• Marie Desplechin, Jamais contente, Le Journal d’Aurore T1, L’école des loisirs, 2006.
• Émilie Deleuze, Jamais contente, Ad Vitam, 2016.