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Manon 3 min
Une journée dans l'espace avec Julie Ferblantier
Qui n’a pas rêvé de connaître la vie d’un astronaute en mission ? Agnès Besson et Julie Ferblantier nous donnent un superbe aperçu à explorer avec les enfants dans Une journée dans l’espace.
Toutes deux retracent la journée type d’un astronaute, dans des aspects très concrets qui assouvissent notre curiosité. Les astronautes dorment-ils assis ou couchés ? Leur nourriture est-elle la même que sur Terre ? Grâce à un texte très clair, qui interroge le·a lecteur·ice, un jeu de cherche et trouve à chaque planche, et des illustrations pleines de vie et de couleurs (bien qu’on soit dans l’espace !), la vie d’un astronaute devient plus facile à imaginer.
Dessiner des corps en apesanteur, les détails d’un vaisseau spatial ou une mission dans l’espace, nous ont parus être une mission bien complexe ! Nous avons donc rencontré Julie Ferblantier, l’illustratrice de cet album documentaire, pour comprendre les dessous de ce livre passionnant et revenir sur son travail

Tes personnages sont particulièrement chaleureux et joyeux. Certains t’ont-ils été inspirés de personnes réelles ou sont-ils le fruit de ton imagination ?
J’imagine toujours mes personnages avec un soucis de représenter la réalité du monde qui m’entoure. Pour ce projet de documentaire, il y a eu beaucoup de travail de recherches de la part de mon éditrice. Elle m’envoyait de l’icono et me faisait part des précisions de l’autrice pour me faciliter la tâche quand un point, un détail me paraissait flous. J’ai regardé évidemment beaucoup d’articles, d’images à ce propos, et mon trait est en quelque sorte influencé par tout ce que j’ai ingéré travaillé lu et regardé.
Dessiner l’espace, c’est tout de même un sacré challenge. Qu’est ce qui t’a donné le plus de fil à retordre ?
L’intérieur des vaisseaux sans hésitation ! Ils sont jonchés de fils, de matériels électroniques et leur architecture ne ressemble à aucune autre car l’apesanteur joue un rôle majeur dans leur structure. Tout est pensé différemment.

Ce n’est pas tous les jours, j’imagine, qu’une maison d’édition te demande de dessiner des personnages en apesanteur. Comment t’y es-tu prise ?
À la lecture de la proposition d’un projet d’édition, je me me demande toujours s’il est réalisable pour moi d’un point de vue graphique. Pour ce projet c’est la première difficulté qui m’est venue à l’esprit. La solution qui s’est présentée à moi était une contrainte de mon premier projet d’édition jeunesse, des personnages d’enfants en cours de natation, en apnée au fond d’une piscine municipale. Je me suis appuyée sur cette expérience et cela a très bien fonctionné. Cela m’a également confortée dans l’idée que les contraintes de commandes forcent la progression.
Qu’as-tu le plus aimé dessiner ?
Les personnages en apesanteur finalement, j’en ai dessiné dans mes carnets longtemps après le projet c’était très satisfaisant ces lignes de corps fluides et légers.

Quelle information t’a le plus surprise en préparant ce livre ?
Les conditions de vies des astronautes, la façon dont leur rythme naturel est bousculé pour s’adapter à leur mission.
As-tu eu besoin d’échanger avec l’autrice pour affiner certains dessins, pour qu’ils soient le plus justes possible par rapport à la réalité ? Où était-ce le rôle de l’éditeur·ice ?
Oui, régulièrement par le biais de mon éditrice qui faisait le lien entre la graphiste et l’autrice afin de synthétiser nos demandes. Elle m’a laissé beaucoup d’espace créatif et je pouvais compter sur son regard si un élément n’étais pas cohérent.
Comment as-tu fait pour choisir ta palette de couleurs ?
J’utilise mes palettes que j’ai enregistrées de mes précédents projets par exemple, mais ce n’est qu’un point de départ. Je vais ensuite les faire évoluer vers mon projet actuel à partir de l’icono comme ligne directrice. Puis je partage ma première proposition de mise en couleurs à l’éditrice qui, en lien avec la maquette, valide ou non cette direction artistique.
Enfin… illustrer ce livre t’a-t-il donné envie d’aller dans l’espace ?
Pas du tout, bien au contraire ! La réalisation des illustrations de ce projet, qui n’est qu’un infime aperçu de la vie des astronautes en mission, m’a fait réaliser que c’est une vocation qui exige des concession humaines sans limites.
J’aime l’espace mais pas assez pour dormir à la verticale !



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