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Manon 4 min

Rencontre – En balade avec Charline Collette

À l’approche de Noël, il était plus que temps que je vous recommande ce livre pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. Il s’agit d’Au bois, écrit et illustré par Charline Collette, qui nous emporte en pleine nature et nous émerveille de page en page.

Sous forme de bande-dessinée, l’autrice nous raconte des histoires de cabane, de lynx peu farouche, de cueillettes de champignons, et bien d’autres aventures. Un livre riche dans lequel on apprend plein de choses, et un vrai bol d’air qui fait du bien ! Qui mieux que Charline pouvait vous donner envie de découvrir ce livre ? Curieuses d’en savoir plus sur la création de ce livre, nous lui avons posé quelques questions….

Comme tu le précises au début de l’ouvrage, ces douze histoires t’ont été racontées par des personnes que tu as rencontrées. À quel moment as-tu eu envie d’en constituer un livre ? Pour quelles raisons as-tu choisi ces histoires en particulier ?

J’ai un bon nombre d’histoires qui m’ont été racontées et que je n’ai pas intégrées au livre même si je les trouvais elles aussi intéressantes. Le livre fait déjà plus d’une centaine de pages et je ne voulais pas le faire grossir davantage. J’ai donc décidé de m’arrêter à trois histoires par saison, et j’ai ensuite choisi les histoires en fonction de la manière dont elles pouvaient se succéder les unes après les autres. Je voulais surtout qu’on puisse « entendre » les voix de différentes générations d’usagers de la forêt, ça m’a aidée à faire le tri. Cela dit je n’ai pas pour autant abandonné les autres histoires, je prépare actuellement une exposition où j’espère bien en faire entendre d’autres.

As-tu vécu certaines d’entre elles ?

L’histoire de « La grotte cachée » est autobiographique, je me suis moi-même enregistrée pour garder le même procédé qu’avec les autres histoires et pour conserver une forme de langage « parlé » qui me tenait à cœur. J’ai également vécu l’histoire du lynx mais ce n’est pas moi qui la raconte. J’ai demandé à Myriam, qui avait partagé avec moi ce moment, et qui se tient généralement derrière l’enregistreur pour récolter les histoires des interviewés, de se prêter au jeu et de tourner vers elle le micro.

Extrait de l’histoire « La maison du coucou »

Tu as choisi de rassembler ces histoires, entre fiction et documentaire, sous forme de bande-dessinée. Pour quelles raisons ?

La forme s’est imposée, j’avais des heures d’entretiens à décortiquer, de nombreuses histoires à raconter et quand j’ai commencé à mettre ça sur le papier j’ai vu qu’il faudrait faire un gaufrier, découper la page en cases pour rendre au mieux le mouvement. C’est histoires sont des petites tranches de vie, elles doivent se lire facilement, je ne voulais pas qu’elles dépassent 5 ou 6 pages, c’est donc devenu de la bande-dessinée !

Tes illustrations nous plongent en pleine nature, colorée, chaleureuse et accueillante. Quelles techniques graphiques as-tu utilisé pour illustrer ce livre ?

J’ai mélangé différentes techniques : la gouache d’abord, pour les grandes planches d’ouvertures de saisons ainsi que pour la carte des histoires et la couverture du livre ; et le dessin au feutre, colorisé numériquement pour les planches de BD.

Comment as-tu procédé pour illustrer ce livre ?

Il y a eu plusieurs années entre l’enregistrement du premier entretien et la sortie de Au bois, mais je dirais qu’il m’a fallu une grosse année pour le réaliser, des premiers croquis à la mise en forme finale. Je n’ai pas vraiment eu à choisir mes personnages, tout était déjà là dans les enregistrements sonores. Pour la couleur j’ai fait le choix de garder une gamme assez réduite par saison, sans m’empêcher parfois de piocher dans les couleurs du printemps pour verdir un peu une planche estivale.

Comment s’est déroulée ta collaboration avec la maison d’édition Les fourmis rouges ? Avez-vous construit ce projet ensemble ou était-ce le format que tu avais déjà prévu au préalable ?

J’avais déjà pas mal construit le projet lorsque je l’ai présenté aux Fourmis rouges, mais il a bien sûr beaucoup évolué. Au départ je ne l’avais même pas pensé en bande-dessinée. La collaboration avec Valérie Cussaguet a été très précieuse, j’étais à la fois très libre dans mon travail et néanmoins suffisamment cadrée pour ne pas perdre de vue mon futur lecteur, et le type de livre vers quoi je voulais tendre.

En lisant ton livre, on se sent bien. On y entend la neige qui craque sous les pieds, le feu qui crépite et on y sent même l’odeur du fromage qui grille… Tu fais appel à tous nos sens. Était-ce un moyen de nous immerger plus encore dans la nature ?

Je crois qu’on peut ressentir ça parce que j’ai dessiné tout le livre en m’appuyant sur des voix, des récits enregistrés par ceux qui avaient réellement vécus ces histoires. La forêt dont je parle existe, avec son lot de mystère, ses odeurs et ses sons.

Au bois, Charline Collette, éditions Les fourmis rouges, 2020, 18,90€.

Un très grand merci à Charline qui a pris le temps de répondre à nos questions !

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