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Collectif 4 min

Nos madeleines de Proust

Ces derniers temps ont peut-être été propices au tri et rangement des livres qui s’empilent sur nos étagères. Une aubaine pour se replonger dans nos livres d’enfance ? Pour nous, oui ! Nous avons eu envie de dénicher ces ouvrages qui sont pour nous des madeleines de Proust et qui nous plongent instantanément en enfance, et de les partager avec vous.

Arc-en-ciel, le plus beau poisson des océans

Aussi loin que remontent mes souvenirs de lectures se trouvent la grâce et la beauté des écailles brillantes du poisson Arc-en-Ciel. Vous souvenez-vous de ce magnifique poisson aux écailles étincelantes ?

Arc-en-Ciel le plus beau poisson des océans, nous raconte l’histoire d’un poisson envié dans les océans pour ses somptueuses écailles. Un jour, on vient le trouver pour lui demander de donner une de ses écailles, ce qu’Arc-en-ciel refuse vivement, trop fier de sa parure. Le bruit court cependant et plus personne ensuite ne veut approcher le bel orgueilleux. La solitude devenue trop pesante pour notre héros, et bien conseillé par un grand sage, il décide d’offrir une écaille à qui le voudra et, ayant fait preuve de générosité, il se retrouve à nouveau entouré d’amis avec qui jouer, ce qui fait de lui le plus heureux de l’océan.

Les histoires d’Arc-en-ciel ont toujours été présentes parmi mes livres de jeunesse et j’ai aimé être bercée par l’esprit doux et bienveillant qui y régnait en plus de pouvoir passer de longs moments ébahie par la beauté des écailles d’Arc-en-ciel. Sur les pages mat et la couverture cartonnée de l’album, ses écailles étaient en effet littéralement brillantes et captaient la lumière avec les mouvements. Cela voulait dire beaucoup pour moi, enfant du début des année 1990, un moment où les livres pour enfants n’avaient pas encore toute la créativité graphique d’aujourd’hui, que ce soit les « livres accordéons », pop-up, etc.. Une petite révolution pour l’époque, donc !

Avec Arc-en-ciel j’apprenais à adorer un livre pour son histoire mais aussi pour la beauté de son objet.  

Arc-en-ciel, le plus beau poisson des océans, Marcus Pfister, Nord-Sud, 1992.

Chloé

Le Faucon déniché de Jean-Côme Noguès

Le Faucon déniché

Ce roman a bercé de nombreuses générations de lecteurs, puisqu’il a été publié pour la première fois en 1972 ! Presque 50 ans de bons et loyaux services pour Martin, un jeune serf du Moyen-Âge qui rêve de posséder un faucon. Pas pour le dresser à la chasse : il voudrait simplement s’en faire un ami… Hélas, tous les oiseaux de proie sont réservés au seigneur.

Mais quand Martin trouve un jeune faucon tombé du nid, il cède à la tentation et le cache dans une cabane abandonnée. Commencent alors les ennuis qui vont changer sa vie : découvert par le fauconnier du château, il devra s’échapper de prison pour éviter une guerre.

Il est facile de s’identifier à Martin et à son amitié pour un animal sauvage. Tous les enfants voudraient être à sa place ! Leur relation est belle et basée sur une liberté mutuelle.

Le contexte historique est également passionnant : le Moyen-Âge est un cadre idéal pour des aventures chevaleresques et des frictions sociales. Rien de tel pour attiser notre imagination.

Mais c’est surtout l’émotion qui fait du Faucon déniché la madeleine de Proust par excellence. L’émotion de Martin, un cœur à vif qui se heurte aux contraintes d’un monde injuste. Une émotion toujours intacte à la dixième lecture, servie par un vocabulaire simple mais précis, avec sanglots garantis en lisant la dernière page.

Jean-Côme Noguès, Le Faucon déniché, Pocket Jeunesse (parmi de nombreuses rééditions).

Stéphanie

Boucle d’or et les trois ours

Un classique indémodable, mais si bon ! Qui n’a pas eu envie, étant petit, de se trouver à la place de Boucle d’or ?Après s’être éloignée dans la forêt, la petite fille découvre la maison accueillante des trois ours partis en balade en attendant que leur soupe, déjà disposée sur la table, refroidisse. Un grand bol pour papa ours, un bol moyen pour maman ours – qui aurait mérité un bol tout aussi grand que le papa, mais là n’est pas la question – et un petit bol pour bébé ours. Ça ne se fait pas de goûter, mais le déjeuner a l’air si bon que la petite se laisse tenter par le bol de l’ourson…

En plus de s’amuser des trois différentes tailles de chaque objet, qui constituent le rythme de l’histoire, on découvre avec joie la maison et les lits des trois ours qui ont l’air si confortables… Toute petite, je m’imaginais tout à fait faire une petite sieste à la place du petit ours, dont le lit a l’air si moelleux. Aussi horrifiée qu’amusée, à l’époque, lorsque les propriétaires rentrent chez eux, je me dis a posteriori que Boucle d’or était quand même bien téméraire.

Une histoire dont, enfant, je ne me suis jamais lassée (et ma maman non plus, pour mon plus grand bonheur !). Je ne saurais malheureusement pas retrouver le livre en question, je recommanderais donc une valeur sûre, celle de la collection Père Castor, illustrée par Gerda Muller.

Boucle d’or et les trois ours, Rose Celli et Gerda Muller, Les histoires du Père Castor, 5,25€.

Manon

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