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Ariane Baste Morand 2 min

Nos étoiles contraires

Il y a un total de 10 pages où l’auteur décide de se vautrer dans le pathétique. Les autres 317 pages sont plus compliquées.

Nos étoiles contraires, best-seller de l’auteur américain John Green, était en tête des ventes à la suite de sa sortie au cinéma en 2014.

Une histoire très contrariante

La quête de Hazel est d’apprendre ce qu’il se passe à la fin de son livre préféré dont la dernière phrase s’interrompt brusquement.

Quête innocente et enfantine si ce n’est pour la raison véritable de son entêtement : Hazel est atteinte d’un cancer qui ne risque pas de lui laisser la vie sauve. Une impériale affliction, roman signé par un certain Peter Van Houten, retrace la vie d’une jeune fille, Anna, également touchée par le cancer, et de sa famille.

Hazel a fait la paix avec sa mort imminente mais pas avec l’idée de laisser ses parents et ses amis seuls avec leur deuil inévitable. Ce qui intéresse Hazel est de connaître ce qu’il advient de la famille d’Anna à la suite de sa mort. Elle cherche dans la fiction une certitude ou tout au moins un espoir de «happy ending» pour ceux qu’elle laisse derrière elle.

Augustus, lui, ne fait pas partie de ses plans. Ce beau jeune homme se fraie un chemin jusqu’au coeur de Hazel à coup de sourires en coin et d’humour revigorant. Ils tentent ensemble de venir à bout de la quête d’Hazel mais l’obstacle majeur s’avère être Peter Van Houten, alcoolique et pessimiste professionnel.

Comme un rayon de soleil en hiver

Malgré la nature bouleversante de l’intrigue, ce n’est jamais que tragique. Hazel et Augustus font preuve d’une invraisemblable maturité quant à leur condition. Ce sont des personnages resplendissants dans leur manière de concevoir la vie. Il ne faut pas avoir honte de rire pendant cette lecture car l’auteur cherche à déterrer de la lumière dans l’obscurité vertigineuse qui entoure deux adolescents gravement malades.

C’est une interrogation sur la mort, sur ce que cela veut dire de nos jours dans une époque où le cancer est une maladie florissante. Il y a néanmoins une certaine volonté de dédramatisation car les personnages réussissent à être heureux malgré la souffrance et l’aspect hideux de la maladie.

L’auteur confisque au cancer un peu de son pouvoir tétanisant en faisant de lui non pas la maladie théâtrale par excellence mais simplement une crasse qui atteint beaucoup de monde et qui altère forcément les règles de la vie, qui demande à la victime de vivre plus vite et plus fort.

L’adaptation cinématographique m’a fait l’effet d’être un bol qu’on remplit d’eau, puis qu’on renverse (je suis une grosse pleurnicheuse). La performance des acteurs est à couper le souffle. Le seul reproche que je puisse faire est que le film joue presque exclusivement sur l’aspect pathétique de l’histoire, là où le livre concède plus de légèreté.

The Fault in Our Stars de John Green, publié en 2012 chez Dutton Books. Traduit par Catherine Gibert, Nos étoiles contraires est publié aux éditions Nathan en 2013.

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