Si je vous dis L’Auberge de l’Ange gardien, Les Deux Nigauds ou encore Un bon petit diable ? Vous retombez aussitôt en enfance ! Mais au-delà des romans de la comtesse de Ségur, il existe des adaptations audiovisuelles intemporelles.

Le Théâtre de la jeunesse est une émission culturelle française diffusée à la télévision dans les années 1960. Elle comprend 65 épisodes, presque tous adaptés de romans célèbres : L’Île mystérieuse (Jules Verne), Les Misérables (Victor Hugo), Don Quichotte (Cervantes), Oliver Twist (Charles Dickens)… Ces petites pastilles de tendresse en noir et blanc émerveillaient les enfants de l’époque. La construction est toujours soignée, avec des « effets spéciaux » parfois inventifs et des personnages mémorables.

Mais c’est surtout le jeu des acteurs qui retient notre attention : une articulation ample et claire, des gestes poussés à l’extrême pour rendre limpide toute situation. On retrouve d’ailleurs souvent les mêmes acteurs d’un épisode à l’autre dans des rôles différents.

L’ensemble présente donc, pour les (grands) enfants d’aujourd’hui, un charme désuet que l’on retrouve avec plaisir. Si l’on a perdu l’habitude de ces atmosphères surannées, on s’y replonge bien vite pour une cure de jouvence. Et on y prend goût.

Les œuvres de la comtesse de Ségur en particulier nous réchauffent le cœur. Qu’il est bon quelquefois de se glisser dans un univers manichéen, où les gentils se marient et les méchants sont fouettés ! Un excellent moyen d’oublier notre monde trop compliqué. Je ne connais pas de meilleur remède contre un coup de blues ou si vous vous sentez d’humeur nostalgique ; humour et bons sentiments vous redonneront le sourire.

Comtesse de Ségur

Michel Galabru dans le rôle du général Dourakine
Michel Galabru dans le rôle du général Dourakine

Adapté en 4 épisodes, son dyptique le plus célèbre met en scène de grands comédiens comme Michel Galabru et Jacques Dufilho. L’Auberge de l’Ange gardien introduit deux orphelins, Jacques et Paul, recueillis par une généreuse aubergiste et un courageux militaire. On s’attache immédiatement à ces enfants que l’on suit en Russie dans Le Général Dourakine, où l’autrice décrit sans complaisance les mœurs de son pays natal.

Vous pouvez également choisir Un bon petit diable, dont l’adaptation par Jean-Claude Brialy en 1983 est restée dans les mémoires. Un enfant espiègle mais touchant fait enrager sa tutrice et imagine les quatre cents coups en pensionnat. C’est l’occasion d’une réflexion sur la famille et l’adolescence.

Comtesse de Ségur : Joël Flateau est Un bon petit diable
Joël Flateau est Un bon petit diable

Les Deux Nigauds appartient (de loin) à la série des Petites Filles Modèles. Il fait l’apologie d’une vie simple et calme à la campagne, par opposition au vacarme immoral de la ville.

Quant à La Sœur de Gribouille (titre aussi trompeur que révélateur puisqu’il nomme indirectement le personnage principal), c’est une leçon typique de la comtesse de Ségur sur l’importance de la foi, de la charité et du courage dans les moments difficiles. Il est intéressant de constater que cette adaptation diffère du livre par son dénouement, jugé trop choquant pour les jeunes spectateurs. Anecdote amusante : l’acteur principal, Dominique Collignon-Maurin, n’est autre que la voix française de Luke Skywalker dans StarWars et le narrateur des derniers livres audio Harry Potter !

Comtesse de Ségur : Gribouille (Dominique Collignon-Maurin) et sa sœur
Gribouille (Dominique Collignon-Maurin) et sa sœur

Voici donc de délicieuses capsules temporelles à savourer gratuitement sur le site de l’INA (en vous abonnant avec un mois d’essai). Aucun risque d’overdose, mais peut très certainement devenir addictif !

Pour en savoir plus :

  • Site de l’INA : Adaptations des romans de la comtesse de Ségur dans Le Théâtre de la Jeunesse, entre 1961 et 1967.
  • Wikisource : Consulter ou télécharger gratuitement tous les livres de la comtesse de Ségur.

À lire aussi :

Le Retour de Mary Poppins : enchantement et poésie