Alexandrie, 156 av. J.-C., dans une Égypte dirigée par les Grecs, Hermôn, un esclave syrien de 18 ans et Biôn, un esclave nubien encore enfant, veulent fuir leurs maîtres colériques et leurs coups violents. Par une nuit de fête, espérant ainsi échapper à la vigilance de la police, ils embarquent sur un bateau en partance pour Memphis avec pour objectif de rejoindre le pays d’Hermôn où ils vivront libres. Théocrite, le chef de la police d’Alexandrie, se lance à leur poursuite.

voleurs du nil

Une histoire vraie
Viviane Koenig, historienne de formation, s’est inspirée d’un papyrus antique, pour son récit. Ce papyrus évoque la fuite de deux esclaves et l’issue de leur aventure.
L’auteur a réussi à donner vie à ce texte. Elle promène le lecteur dans les rues d’Alexandrie ou de Memphis avec précision. Les personnages, ni bons, ni mauvais, cherchant simplement à vivre leur vie, ajoute au réalisme du roman.

 

Avec l’aide des dieux
Le récit a quelque chose d’homérique. Comme Homère dans l’Odyssée, l’auteur n’hésite pas à faire intervenir les dieux dans le destin des personnages. D’ailleurs, le jeu du chat et de la souris auquel se livrent les deux esclaves et Théocrite est la cause d’un pari entre le dieu des voleurs, Hermès et Éros, dieu de l’amour et de la passion.

« – Alors, je te parie que si un vol est commis avant l’aube, leurs auteurs échapperont aux griffes des policiers !

– Pari tenu ! s’exclame Éros ravi. Et quel sera l’enjeu ?… Attends, j’ai une idée. Si je gagne, ce qui est certain, je transmettrai à ta place le prochain message que Zeus te confiera.

– Et si tu perds, ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, je lancerai une de tes flèches d’Amour sur qui me plaira. Entendu ?

Accord conclu. »

Consciemment ou inconsciemment, les personnages se retrouvent alors sous l’influence des dieux et doivent, parfois, mener une lutte intérieure.

Entre les ordres d’un dieu et ceux d’un Pharaon, que choisir ?

 

Les Voleurs du Nil, Viviane Koenig, Scrineo, 2015.