La révolution a une couleur : rouge sang. Et Pierce Brown ne prend pas de pincettes dans Red Rising, premier tome d’une trilogie paru en juin 2015 chez Hachette. Mélange surprenant de Hunger Games et Sa Majesté des mouches qui renouvelle efficacement un genre saturé.

Red Rising couverture

Red Rising, en quelques mots

Dans une société hiérarchisée en Couleurs, Darrow est un Rouge, c’est-à-dire un esclave. Il travaille dans les mines de Mars pour extraire un minerai précieux et préparer la terraformation, afin que les habitants d’une Terre mourante puissent venir s’installer sur cette nouvelle planète. C’est du moins ce qu’on lui a raconté pour qu’il accepte son sort…

Jusqu’au jour où sa femme est pendue sous ses yeux et où il découvre la vérité : Mars est habitable – et habitée – depuis des siècles, et les conditions de vie misérables des Rouges ne servent qu’à enrichir les Ors, les dirigeants de la société. Ceux-ci en profitent pour vivre dans le luxe le plus somptueux en maintenant les autres Couleurs dans la peur et l’obéissance. C’est alors que le soulèvement commence…

 

Création d’un héros

L’originalité du livre tient en grande partie à la complexité de son protagoniste : Darrow n’est pas un rebelle-né, ni même un révolutionnaire par conviction. C’est un héros artificiel créé par un groupe terroriste qui veut le transformer en espion. En s’infiltrant au cœur du système, Darrow doit le détruire de l’intérieur, coûte que coûte. Mais quand on regarde trop longtemps dans l’abîme, l’abîme finit par regarder en nous…

 

Le prix à payer

Grâce à une écriture à la 1re personne, on vit l’aventure à travers les yeux du narrateur et on partage ses états d’âme. Darrow ne fonce pas tête baissée pour sauver le monde, investi d’une mission sacrée : il hésite, il doute, il se trompe. Il est humain, et c’est ce qui rend son parcours encore plus intéressant.

Jusqu’où va-t-il aller ? Qu’est-il prêt à sacrifier pour changer les choses ? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Pour devenir un Or, tout-puissant et impitoyable, Darrow doit réprimer la part de lui-même capable d’empathie. Il doit faire taire son humanité, au risque de la détruire. Guidé parfois par l’amour, parfois par la rage, mais jamais par l’idéalisme, c’est finalement une transformation autant morale que physique que subit Darrow, et à laquelle nous assistons au fil des pages.

 

D’actions en rebondissements

Il se passe beaucoup de choses en peu de temps, avec une grande fluidité d’action. Les événements s’enchaînent, chaque rebondissement en entraînant un autre sans temps mort ni retour en arrière possible. Red Rising est un véritable page turner dans lequel on plonge avidement et qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Combats, trahisons, complots… on se prend au jeu politique, au jeu de la guerre, au jeu de la vie. Jusqu’à ce que, finalement, on se rende compte que ce n’est pas un jeu. La rébellion est en marche.

 

Red Rising, Pierce Brown, Hachette, 2015