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Ariane Baste Morand 2 min

Deux papas pour le prix d'un !

Gabrielle a deux papas, George et Phil. À eux deux, ils forment une équipe complémentaire infaillible : George a les mains et Phil le cerveau. George fait la cuisine et Phil fait sa culture. Dans les situations critiques, George est le plus rapide à réagir tandis que Phil se sent vite coincé. Pour chaque défaut de l’un, il y a une qualité chez l’autre.

En bref, Gabrielle n’a rien a envier aux autres enfants. Ses papas s’aiment et l’aiment infiniment. Ce qui n’est pas pour plaire à tout le monde …

Depuis peu, la vie des couples homosexuels est devenue épouvantable. Enfermés dans des ghettos à la lisière de Paris, obligés de porter un losange rose sur la poitrine, George et Phil ont vu petit à petit leur liberté se réduire, à commencer par l’interdiction d’exposer leurs oeuvres dans des galeries. Le slogan Famille traditionnelle barre les devantures des commerces et les enfants que côtoie Gabrielle expriment leur désarroi face aux deux monsieurs qui viennent la chercher à la fin de l’école et qui se tiennent la main.

Ce court roman ouvre sur l’accident de voiture de George et Phil en chemin vers Paris pour dénicher le cadeau d’anniversaire parfait pour leur Gabrielle. À partir de là, le lecteur sait que Gabrielle est en danger. Si ses pères n’arrivent pas à la rejoindre à temps, elle finira entre les mains de l’État, trop content de la retirer de son foyer « malveillant ». Entrecoupé par des analepses, le périple de George et Phil pour retrouver leur fille s’avère périlleux.

Truffé d’échos aux années 1940 et le traitement des juifs, ce petit livre rappelle que les glissements ne sont jamais très loin.

« Aujourd’hui, nous voyons l’Histoire se répéter et personne ne lève le petit doigt. »

L’intolérance dont est témoin la petite Gabrielle n’a pas de sens. Pour elle, l’amour est et restera toujours source de bonheur. 

« — Ce que veut dire George, Gabrielle, c’est que l’amour n’a ni sexe ni couleur de peau, avait enchaîné Phil, un chouïa moraliste. Les gens qui défilent dans la rue ont tort. L’amour ne se décide pas, ni la préférence amoureuse. George et moi, nous nous aimons, nous t’aimons et notre amour est aussi légitime que celui de nos voisins, de nos amis ou de n’importe qui. Il n’y a pas à rougir de ce que l’on est – jamais. »

Christophe Léon nous projette dans un futur fictif qui ressemble beaucoup à notre passé. Embardée, aux éditions La Joie de lire dans la collection Encrage, est un traité sur la tolérance à travers les yeux innocents d’une petite fille qui aime ses parents, tout simplement.

Dès 13 ans.

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